Le point sur les prothèses mammaires


Grâce au dépistage généralisé, le taux de guérison après un cancer du sein ne cesse de progresser. Parallèlement, l'opportunité de bénéficier d'une prothèse ou implant mammaire se pose fréquemment.

Prothèse ou implant mammaire : dans quel but ?

Le but d'une telle intervention est esthétique ou réparatrice après un cancer du sein.

En France, on estime à 500.000 le nombre de femmes porteuses d’implants mammaires : environ 80% des prothèses mammaires sont à visées esthétiques, tandis que 20% sont posées à la suite d’un cancer du sein (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé – Ansm).

Après ablation d’un sein, la prothèse mammaire est utilisée pour reconstruire ou rétablir la symétrie de la poitrine.En plus de l'aspect esthétique, la prothèse peut aider à diminuer les douleurs d'épaules, à corriger les mauvaises postures, etc.

En plus de l'aspect esthétique, la prothèse peut aider à diminuer les douleurs d'épaules, à corriger les mauvaises postures, etc.

Les prothèses mammaires : c'est composé de quoi exactement?

Un implant ou prothèse mammaire est composé d'une enveloppe en élastomère de silicone solide remplie de sérum physiologique ou de gel de silicone.

L'enveloppe peut être lisse, ou bien rugueuse pour diminuer le risque de formation de coque autour de l'implant.

L'implant peut être pré-rempli (le volume est alors fixé par le fabricant) ou gonflable. On appelle " expandeur " une prothèse qui est introduite vide puis, une fois positionnée, est gonflée progressivement par le chirurgien afin de distendre la peau jusqu'à obtenir le volume souhaité. Au bout de plusieurs semaines, l'expandeur est remplacé par une prothèse définitive.

Prothèse mammaire : silicone ou sérum physiologique ?

Actuellement en France, seuls le sérum physiologique et le gel de silicone (matériau non allergisant et inerte utilisé depuis 1950) sont autorisés.

Les prothèses pré-remplies de gel de silicone ont été incriminées dans le déclenchement de maladies auto-immunes chez certaines personnes. Mais aujourd'hui, il n'existe aucune preuve scientifique attestant ce phénomène. C'est ainsi que les prothèses de gel de silicone sont à nouveau autorisées en France depuis janvier 2001.

Au final, aucun implant n'est meilleur qu'un autre dans la mesure où, comme tout dispositif médical, il est soumis à des normes de fabrication très strictes.

C’est précisément ce qui a fait défaut dans l’affaire des prothèses mammaires de la marque PIP (janvier 2012), remplies avec un gel non-conforme, non médical, augmentant le risque de rupture prématurée.

Quelle est la durée de vie d'un implant mammaire ?

Même s'il arrive que certaines femmes conservent une prothèse très longtemps, un implant ne doit jamais être considéré comme définitif, notamment parce qu'il s'use, comme c'est le cas de tout biomatériau. La durée de vie d'une prothèse en place est estimée à 10-12 ans, même si certaines femmes gardent leur implant sans problème pendant plus de 20 ans.

Lorsqu'il s'agit d'une prothèse pré-remplie de gel de silicone, le risque inhérent à l'usure est la rupture. Cette fuite du contenu par une brèche de l'enveloppe survient dans 3 à 5% des cas, sans compter les ruptures asymptomatiques uniquement repérables sur une radio et formant une sorte de hernie (mammographie, IRM).

Même si aujourd'hui les gels employés sont très visqueux, diminuant le risque de migration et de complications, il est préférable d'enlever l'implant en cas de rupture.

Quels sont les signes d'alerte ? Toute modification du sein : volume, dureté, douleur, apparition ou diminution d'une coque fibreuse autour de l'implant.
Concernant la prothèse gonflable, le problème essentiel est le dégonflement, risque qui augmente avec l'ancienneté de la pose de la prothèse, qui se manifeste brutalement et qui est sans danger. Il s'agit parfois d'une sorte de "transpiration" du sérum physiologique à travers l'enveloppe, comme lors d'un choc violent ou d'une piqûre, mais aussi d'une brèche dans l'enveloppe ou d'un problème d'étanchéité de la valve.

Quel est le signe indiquant un dégonflement ? Un affaissement du sein en quelques heures.

Qu'appelle-t-on "coque" ou "contracture capsulaire" ?

Autour de tout implant se forme une capsule, sorte de membrane fibreuse. Il s'agit d'une réaction normale de l'organisme, visant à isoler le corps étranger et à se protéger.

Cette capsule peut s'épaissir et aller jusqu'à former une coque plus ou moins dure et douloureuse.

C'est pour diminuer le risque de cette complication (actuellement dans 5 à 10% des cas) que l'on utilise parfois des implants avec une enveloppe rugueuse. Cette texture permet de désorganiser la réaction fibreuse et de diminuer nettement le risque de coque.

A noter que les coques sont moins fréquentes avec un implant gonflable au sérum physiologique qu'avec un implant en gel de silicone.

Enfin, le risque de contracture capsulaire peut augmenter le risque de rupture.

Prothèses mammaires : les calcifications

Rarement et tardivement, il arrive qu'un dépôt de calcium se fasse sur l'implant ou plus exactement sur la coque, formant des plaques calcifiées. Elles contribuent à rendre le sein dur. Mais surtout, elles peuvent gêner la découverte de microcalcifications associée au stade précoce d'un cancer du sein.

C'est ainsi qu'en cas de calcifications, un examen mammographique spécial est souvent programmé.

Isabelle Eustache

Sources : Guide pratique du cancer du sein, tome I, Paris et Région parisienne, Anne de Peyre et Pierre Hyppolite Senlis.

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