Comparatif des médicaments "amaigrissants"


Depuis le retrait du marché des coupe-faim, il reste peu de médicaments destinés à aider les personnes obèses à perdre du poids. Et avec l'affaire du Médiator, le marché des amaigrissants n'a vraiment pas bonne presse...

Pour perdre du poids, il n'existe pas de médicament miracle

Si vous voulez perdre du poids, il faut compter avant tout sur votre force de caractère et une aide diététique. En effet, il n'existe pas de médicaments miracles pour perdre du poids en évitant les régimes.

Les coupe-faim ont été retirés du marché français

Rejetons tout d'abord un certain nombre de médicaments.
Les anorexigènes ou " coupe-faim " sont en réalité des amphétamines. Il s'agit d'excitants : ils augmentent le niveau d'activité du corps et la vigilance (diminuant donc le sommeil et augmentant le niveau d'anxiété) tout en diminuant l'appétit.

Ces médicaments ont une certaine efficacité pour aider à une perte de poids à court terme (quelques mois), mais cette efficacité diminue progressivement avec le temps.

De plus, ils peuvent provoquer une dépendance, ce qui interdit tout traitement prolongé. Or les experts sont unanimes pour dire que la prise en charge de l'obésité doit l'être sur le long terme. L'Agence européenne du médicament a donc considéré que l'emploi des anorexigènes était illusoire.

A éviter absolument pour perdre du poids : les hormones thyroïdiennes et les diurétiques

Autrefois, les hormones thyroïdiennes ont été prescrites à des personnes obèses, et même parfois à des personnes souhaitant perdre du poids, sans qu'elles soient véritablement obèses.

Ces médicaments avaient une certaine efficacité sur la perte de poids, mais celle-ci était très modeste et de courte durée.

Surtout, ils pouvaient provoquer des accidents cardiaques et des troubles de la glande thyroïde. Leur rapport bénéfices/risques étant donc désastreux dans cette indication, il a été interdit de les prescrire pour aider les patients à maigrir.

Les diurétiques sont des médicaments qui font uriner. La perte d'une quantité inhabituelle d'eau fait diminuer le poids du corps, ce qui fait croire au patient naïf qu'il s'est amaigri.

Tromperie totale, puisque aucun diurétique ne fait perdre une once de tissu graisseux !

Les diurétiques sont très utiles en cas d'hypertension artérielle ou d'insuffisance cardiaque, par exemple. Mais ils sont sans efficacité aucune, et plutôt dangereux, si on les utilise dans le but de perdre du poids.

De plus, leur association avec les hormones thyroïdiennes est particulièrement néfaste.

Perte de poids : efficacité non démontrée et effets indésirables certains : les antidépresseurs

Certains antidépresseurs diminuent l'appétit. Cet effet est modeste, permettant la perte de quelques kilos, mais il est contrebalancé par des effets indésirables qui ne se justifient pas (tandis qu'on peut les accepter dans certaines dépressions graves, par exemple).

Les médicaments antidépresseurs dont les effets indésirables sont les moins fréquents ou les moins gênants (comme la fluoxétine - Prozac®) n'ont pas d'effet durable sur la perte de poids. De nombreux autres médicaments revendiquent des propriétés amaigrissantes, ou bien ont la réputation d'en avoir, sans aucune preuve clinique.

Xenical® et Alli® (orlistat)

Le Xenical® est indiqué dans le traitement du surpoids ou de l’obésité.
Fortement dosé, il est délivré uniquement sur ordonnance, tandis que le médicament Alli®, qui contient la même molécule (orlistat), est en vente libre en pharmacie.

Le premier est prescrit par les médecins depuis 1998, tandis que le second est commercialisé depuis mai 2009. Or ces deux spécialités ont été officiellement associées à un risque de toxicité hépatique, d’où les mises en garde des autorités à l’encontre de ces traitements (1) : tout effet indésirable doit amener à stopper le traitement, lequel est exclusivement réservé aux personnes en surpoids avéré et en association avec un régime alimentaire. Enfin le traitement ne doit jamais dépasser 2 ans.

A noter que la prise de ce médicament peut entraîner d’autres effets indésirables, dont l'apparition de selles huileuses dans 20% des cas et de gaz avec suintements anaux chez un quart des patients…

Sibutramine (Sibutral®) : retiré du marché depuis mai 2010 pour effets secondaires cardiaques

Il agit par l'intermédiaire du système nerveux central sur le contrôle de la faim et de la satiété. Il permettrait également d'augmenter la dépense énergétique. Mais ce médicament peut générer des effets secondaires plus ou moins importants notamment cardiaques ayant mené à son retrait du marché (accélération du rythme cardiaque, augmentation de la pression artérielle, troubles digestifs, bouche sèche et fatigue).

Mucilages : efficacité non établie, mais faibles risques

Les mucilages sont des médicaments qui absorbent l'eau pour former un gel volumineux à l'intérieur de l'estomac. Non absorbés, ils sont souvent utilisés pour augmenter le volume des selles et lutter contre la constipation (on parle alors de laxatifs de lest). Cependant l'indication officielle est ainsi rédigée : " Utilisé comme adjuvant des régimes restrictifs au cours du traitement de l'obésité ".

Il s'agit de Pseudophage®, à base d'alginate. Dans les textes officiels, l'expression "utilisé comme" indique que pour l'Agence de sécurité sanitaire, il n'existe pas de preuve d'efficacité du traitement, mais qu'il est utilisé depuis relativement longtemps, et que sa sécurité semble correcte.

Les seules contre-indications concernent les sujets ayant eu une réaction allergique à l'un des composants de ce médicament, ceux qui ont des maladies rétrécissant le diamètre de l'intestin (risque de "bouchon"), et les femmes enceintes, en l'absence d'étude sur les risques du traitement pour le fœtus.

Que penser des médicaments homéopathiques et de la phytothérapie dans un objectif de perte de poids ?

Quelques médicaments homéopathiques revendiquent une efficacité pour aider à la perte de poids, sans qu'il existe la moindre preuve clinique, à notre connaissance.

Un grand nombre de médicaments de phytothérapie (à base de plantes) s'est aussi rué sur ce marché. On trouve ainsi, en tisanes, en solutions buvables, en gélules ou en comprimés : de la bruyère, du cassis, du chiendent, du frêne, du fucus, du maïs, du maté, du noisetier, de l'orthosiphon, de la prêle, de la réglisse, de la reine des prés, du romarin, du rumex crépu, du thé vert, de la vergerette du Canada.

Le nombre et la diversité de ces composants laissent sceptique : si certaines de ces plantes avaient véritablement des vertus amaigrissantes, il nous semble extrêmement probable qu'elles domineraient depuis longtemps le marché. D'un autre côté, il est souvent recommandé de boire un grand verre d'eau lorsque la faim ou l'envie de manger se font sentir, et l'utilisation de tisanes pour "remplir l'estomac" peut jouer un rôle analogue (à condition de ne pas les sucrer, bien entendu !).

Et les plantes aussi ont des effets indésirables...


Attention à ne pas abuser des plantes « drainantes » (thé vert, bouleau, reine des près…) utilisées pour leurs propriétés diurétiques et digestives, car elles peuvent favoriser une déshydratation de l'organisme, se manifestant par une fatigue et des vertiges.

Les personnes allergiques à l'iode ou ayant des maladies de la thyroïde devraient se méfier des médicaments contenant du fucus, qui contient de l'iode : Amincitex® ; Arkogélules algues ; Dellova® ; Élusanes® fucus ; Médiflor® tisane diététique n°1.

Les personnes ayant eu des problèmes avec l'alcool devraient se méfier des spécialités qui en contiennent : Mincifit® flacon et sachets ; Promincil® buvable; Urosiphon®.

Les femmes enceintes ou allaitantes devraient également éviter ces produits, ainsi que les plantes dont l'innocuité n'est pas établie pour le fœtus : Amincitex® ; Dellova® ; Médiflor® tisane diététique n°1 ; Mincifit® sachets ; Promincil®.

A noter que Médiflor® tisane diététique n°1, rajoute des composants sans intérêt clinique et aux effets indésirables potentiels sérieux, comme le séné, la bourdaine.

Quelles sont les plantes sans risque pour aider à la perte de poids ?

Pour ceux qui souhaitent prendre un traitement à base de plantes pour les aider à perdre du poids, les premières à choisir sont donc les suivantes : Arkogélules® orthosiphon ; Camiline® arkogélules ; Élusanes® frêne ; Élusanes® thé vert.

Il s'agit de gélules dans tous les cas, et il est conseillé de les prendre avec un grand verre d'eau (genre verre à orangeade). On peut aussi utiliser directement des infusions de maté ou de thé vert, faciles à trouver, largement utilisées comme boissons d'agrément (notamment en Amérique du Sud pour le maté et au Maghreb pour le thé vert), et faisant courir peu de risques d'erreur de cueillette ou d'effets indésirables.
Un gros avantage de ces plantes à infuser est leur prix, largement inférieur à celui des médicaments quels qu'ils soient.

En conclusion, la perte de poids n’est pas à prendre à la légère et doit s’inscrire dans un programme sur le long terme, obligatoirement associé à un rééquilibrage de l’alimentation. Un tel programme est à mettre en place avec son médecin lequel assurera également le suivi.


Dr Sylvie Coulomb et Isabelle Eustache

Sources : Douketis JD. et coll. " Periodic health examination, 1999 update : 1. Detection, prevention and treatment of obesity " Canadian medical association journal 1999 ; 160 (4) : 513-525. Leiter L.A. et coll. " Recommendations on obesity and weight loss " Canadian medical association journal 1999 ; 160 (9S) : 7-12. "Traitements divers de l'obésité " In " GNP - Encyclopédie pratique du médicament 2000 " Éditions du Vidal°, Paris 1999 : 982-988. " Obesity " In " Martindale - The complete drug reference 32d ed. " Pharmaceutical Press éd., Londres 1999 : 1476-1477. The Lancet, vol.356, 9248, 23, pp. 2119-2125. AFSSAPS: communiqué de presse du 29 octobre 2002. Site des éditions du Vidal°, à l'adresse http://www. vidal.fr/ consulté le 17 février 2003. (1) Point d’information de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), 23 septembre . 2011.

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